Aller au contenu principal
Bonnes pratiques

Choisir son agence de développement : les 8 questions qui révèlent tout

Vous n'êtes pas technique, vous devez choisir entre trois prestataires, et leurs plaquettes se ressemblent toutes. Huit questions suffisent à les départager — et la huitième est celle qu'aucune plaquette n'anticipe.

Photo de David Patiashvili David Patiashvili 10 min de lecture
Sommaire

    Vous ne pouvez pas juger la technique. Ce n’est pas grave.

    Trois prestataires. Trois plaquettes qui se ressemblent. Trois devis qui vont du simple au triple.

    Et vous, qui n’êtes pas technique, qui devez trancher — en sachant qu’une erreur ici vous coûtera un an.

    La bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de juger la technique. Vous ne le pouvez pas, et personne ne vous le demande.

    Ce que vous pouvez juger — très bien, même — c’est la relation : la clarté, l’honnêteté, la façon dont on répond quand la question dérange. Et il se trouve que c’est un bien meilleur prédicteur de la réussite d’un projet que la maîtrise d’un framework.

    Voici huit questions. Aucune ne demande de compétence technique. Toutes révèlent quelque chose.

    1. « À qui appartiendra le code ? »

    Ce que ça révèle : si votre interlocuteur connaît son propre métier.

    La bonne réponse : « À vous, et c’est écrit dans le contrat, à tel article. »

    La réponse qui doit vous inquiéter : « Ben… à vous, évidemment, vous le payez. »

    Non. En droit français, la cession des droits sur un logiciel n’est jamais automatique : elle doit être écrite et explicite. Avoir payé ne suffit pas. Un prestataire qui l’ignore n’est pas malhonnête — il est mal informé, ce qui, sur un contrat, revient au même. Nous détaillons ce point dans notre article sur la propriété du code source.

    2. « À quel nom seront ouverts les comptes ? »

    Ce que ça révèle : s’il compte vous tenir.

    Le nom de domaine, l’hébergement, les services tiers. La bonne réponse est : au vôtre, avec lui invité comme collaborateur.

    Si l’on vous propose de « tout gérer pour vous simplifier la vie », méfiez-vous de la simplification. C’est exactement ainsi que commencent les histoires de prestataire injoignable.

    3. « Que se passe-t-il si on arrête ? »

    Ce que ça révèle : s’il a déjà réfléchi à sa propre sortie.

    Un bon prestataire a une réponse prête, et elle est écrite : ce qu’il vous remet, sous quel délai, dans quel format. Cela s’appelle une clause de réversibilité, et son absence est un signal.

    Personne n’aime parler de la rupture au moment de se marier. C’est précisément pour ça qu’il faut le faire.

    4. « Qu’est-ce qui n’est pas dans ce devis ? »

    Ce que ça révèle : s’il a réfléchi, ou s’il a deviné.

    Un devis honnête contient des exclusions, nommément. Un devis sans aucune exclusion n’a pas été pensé — il a été estimé au doigt mouillé, et vous découvrirez le reste en cours de route, en avenants.

    Question jumelle, encore meilleure : « qu’est-ce qui pourrait faire doubler ce prix ? » Un professionnel vous répondra en trois minutes, avec précision. Celui qui esquive vient de vous dire ce que vous vouliez savoir. C’est le cœur de notre article sur ce que coûte vraiment une application métier.

    5. « Qui va réellement travailler sur mon projet ? »

    Ce que ça révèle : l’écart entre l’avant-vente et l’exécution.

    C’est le grand classique des agences : vous rencontrez un expert brillant, et le projet est confié à un junior qui débute.

    Ce n’est pas scandaleux en soi — il faut bien que les juniors apprennent, et beaucoup sont excellents. Ce qui est scandaleux, c’est de ne pas le dire. Demandez à rencontrer les personnes qui coderont, pas celles qui vendent.

    6. « Comment saurai-je que ça avance ? »

    Ce que ça révèle : s’il compte vous associer ou vous endormir.

    La mauvaise réponse : « on vous fera un point tous les mois ». Un mois, c’est le temps qu’il faut pour partir très loin dans la mauvaise direction.

    La bonne : vous voyez quelque chose qui fonctionne, régulièrement, même incomplet. Un projet où l’on ne vous montre rien pendant trois mois est un projet où l’on vous montrera, à la fin, autre chose que ce que vous aviez demandé.

    7. « Que se passe-t-il quand on n’est pas d’accord ? »

    Ce que ça révèle : comment se passeront les moments difficiles — et il y en aura.

    Tout projet connaît un moment de tension : un délai qui glisse, une fonctionnalité plus complexe que prévu, un malentendu sur le périmètre. Ce n’est pas un accident, c’est la norme.

    Un prestataire qui vous répond « ça n’arrive jamais » vous ment, ou n’a pas assez d’expérience. Celui qui vous décrit comment il gère ces moments vous dit la vérité — et vous venez d’apprendre l’essentiel.

    8. « Racontez-moi un projet qui a mal tourné. »

    Et voici la meilleure.

    Ce que ça révèle : tout.

    Tout le monde a des réussites à montrer. Presque personne n’accepte de raconter un échec — et c’est justement pour ça que la question est si puissante.

    Écoutez comment on vous le raconte :

    • « Le client n’était pas mûr, il ne savait pas ce qu’il voulait. » → Il vous accusera aussi.
    • « On a mal cadré au départ, on a sous-estimé les intégrations, voilà ce qu’on a changé depuis. » → Il a appris, et il vous le dit.
    • « Ça ne nous est jamais arrivé. » → Il ment, ou il n’a pas assez travaillé.

    Cette seule question vous en dira plus que les sept précédentes réunies.

    Le tableau de bord

    QuestionSignal d’alarme
    Propriété du code« Évidemment que c’est à vous » (sans clause)
    Nom des comptes« On gère tout pour vous »
    Fin de missionAucune clause de réversibilité
    Exclusions du devisAucune
    Qui code vraimentOn esquive
    Suivi« Un point par mois »
    Désaccords« Ça n’arrive jamais »
    Un projet raté« Le client n’était pas mûr »

    Le mot de la fin

    Aucune de ces questions ne porte sur la technique. Toutes portent sur la façon dont on vous traitera quand ça ira mal — et c’est le seul sujet qui compte, parce que ça ira mal, au moins une fois.

    Si vous n’êtes pas sûr d’interpréter les réponses, faites-vous accompagner. Deux heures d’un regard technique avant de signer un devis coûtent, chez nous, 250 €. Un mauvais choix de prestataire coûte une année.


    Nous aidons régulièrement des dirigeants à choisir un prestataire — y compris quand ce n’est pas nous, ce qui arrive souvent. C’est l’un des rôles d’une direction technique portée quelques jours par mois. Parlons-en.

    Partager

    Retrouvez nos articles en priorité dans vos résultats Google en nous ajoutant à vos sources préférées.

    Ajouter aux sources préférées

    En savoir plus

    Nos prestations associées

    Audit

    Audit technique

    Évaluation indépendante de votre stack — code, sécurité, dette, scaling, coûts. Rapport actionnable, pas un PDF qui dort.

    En savoir plus

    Site web

    Site web public

    Vitrine institutionnelle, landing page, site éditorial — pensé avec vous pour porter votre marque sans dette technique.

    En savoir plus