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Culture numérique

La place de l’art dans le numérique

Plongez dans l'univers de l'art numérique.

Solène Guével 5 min de lecture
Illustration : La place de l’art dans le numérique
Le numérique : vers une nécessaire évolution du monde de l'art ?
Sommaire
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    Sans entrer dans le questionnement philosophique de savoir ce qu’est l’art, force est de constater que depuis quelque temps le numérique a fait une entrée remarquée dans cet univers souvent fermé et considéré comme élitiste.

    Qu’est-ce que l’art numérique ?

    Quand nous parlons d’art numérique, à quoi fait-on référence ?

    Des zéros et des uns, voici la base de l’art numérique. Des zéros et des uns qui permettent d’écrire le code nécessaire au fonctionnement des systèmes numériques (ordinateurs, réseaux ou interfaces), socle de ce genre artistique.

    L’art numérique en tant que tel est assez récent puisqu’il n’a fait son apparition que dans les années 1960. En effet, les premiers ordinateurs accessibles à la société civile - et non plus réservés à un usage militaire ou de service public - apparaissent au milieu des années 1950 grâce notamment aux circuits intégrés qui permettent de réduire leur taille et, dans une certaine mesure, leur prix. Dans leur sillage dès la décennie suivante, l’art numérique se développe en même temps que l’usage de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux. Si à ses débuts, il était essentiellement axé sur les formes plastiques et visuelles plus ou moins automatisées, il a vite évolué pour prendre une forme plus virtuelle et plus interactive permettant au spectateur d’interagir avec l’œuvre (réalité virtuelle, art interactif, etc.).

    Aujourd’hui, l’art numérique conduit donc à la dématérialisation de l’œuvre qui, convertie en information (l’informatique étant par définition une technique de traitement de l’information), permet au public de plus facilement interagir et donc en un sens communiquer avec elle.

    Un processus créatif toutefois analogue à celui d’une œuvre traditionnelle

    Le processus de création d’une œuvre numérique reste, malgré tout, comparable à un processus artistique traditionnel. Prenons l’exemple de la création d’un morceau de musique. Tout d’abord, un compositeur écrit une partition, puis un exécutant - chef d’orchestre, musicien - l’interprète telle qu’il l’aura comprise, et enfin un public recevra cette exécution de l’œuvre. Dans le cas d’une production numérique, un concepteur élabore un projet artistique qu’un créateur (qui peut être également le concepteur) numérise et transpose en information à destination d’un spectateur. Celui-ci reçoit le message et l’interprète par le prisme de ses propres codes.

    La principale évolution entre l’œuvre classique et l’œuvre numérique consiste en la manière de transformer la matière utilisée pour leur création. Il ne s’agit plus de modeler de la glaise ou de mélanger des pigments, mais de modifier les codes de l’information et de la communication que reçoit le spectateur/utilisateur. Cela est surtout le cas depuis les années 1980 et 1990 et la naissance des techniques qui permettent d’optimiser la création de l’œuvre digitale. Aujourd’hui, l’art numérique a donc pour objectif de créer, d’exploiter, de modifier et de transformer les systèmes et les méthodes de traitement de l’information.

    L’interaction entre le numérique et l’art

    L’interaction entre le numérique et l’art n’est pas un enjeu nouveau pour la société. Depuis quelque temps déjà, le numérique est autant un support de création artistique reconnu qu’un support de diffusion d’œuvres d’art puisqu’il les rend accessibles au plus grand nombre.

    Art numérique et évolution des techniques

    Pour comprendre le développement de l’art numérique, il faut remonter aux années 1990, décennie au cours de laquelle les artistes ont commencé à utiliser des logiciels d’affichage pour créer des œuvres digitales. Depuis 2000, cet art s’est fortement développé et a vu sa popularité croître. Exit pour ces artistes les bons vieux pinceaux, peinture et toiles auxquels ils préfèrent l’ordinateur, le stylet et la tablette graphique. Avec la démocratisation de ces techniques et médiums, la production et la diffusion d’œuvres numériques se trouvent facilitées. Aujourd’hui, sites Web et réseaux sociaux, en en facilitant le partage et le téléchargement, permettent au public d’avoir plus aisément accès au travail des artistes et d’interagir plus facilement avec leurs œuvres.

    Vous l’aurez compris, le numérique sous toutes ses formes est un enjeu important pour l’art car il permet de mettre en avant les œuvres et de les rendre accessibles à tous.

    Que les œuvres soient virtuelles ou physiques, elles connaissent depuis peu un tournant majeur dans leur histoire avec l’apparition des NFT. Attardons-nous sur cette technologie dont l’existence est étroitement liée à celle de la blockchain et bouleverse le monde de l’art.

    Art numérique et NFT

    Les NFT (pour « Non Fungible Token ») ou jetons non fongibles ouvrent de nouvelles perspectives pour de nombreuses œuvres (digitales comme physiques). Le monde de l’art ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque depuis quelques mois de nombreuses ventes de NFT font parler d’elles.

    NFT : de quoi parle-t-on ?

    Un NFT est un fichier numérique auquel est rattaché un certificat numérique attestant de l’authenticité et de la propriété d’une œuvre. En tant qu’actif non fongible, il est unique et ne peut être échangé contre un autre actif du même type. La pérennité et la sécurisation de ces jetons sont intimement liées à la blockchain. Celle-ci permet le stockage chiffré et décentralisé de leurs données à travers le réseau Internet, les protégeant contre toute modification. Les NFT font figure de solution idéale au problème de reproductibilité dans le domaine de la création numérique, puisque les œuvres d’art créées digitalement peuvent théoriquement être dupliquées à l’infini.

    NFT et œuvres numériques

    Pour que l’œuvre soit qualifiée de numérique, elle doit être contenue dans un fichier. Pour autant, cela ne signifie pas nécessairement qu’elle doit être publiée sur le réseau Web. L’idée sous-jacente à sa création est que les utilisateurs puissent acquérir et céder ses droits d’utilisation, sans avoir besoin de l’édition physique du support. Ces droits peuvent également prendre la forme d’un abonnement à une base de données de l’œuvre qui inclut toutes les modifications apportées à cette dernière depuis sa création.

    Une œuvre d’art numérique certifiée par un jeton non fongible peut être achetée et vendue individuellement dans un contexte de marché. Dans l’univers du numérique, la valeur intrinsèque d’un NFT découle donc directement de celle de l’œuvre qu’il représente.

    NFT et œuvres physiques

    Les créations artistiques ne sont pas toutes virtuelles. Les œuvres physiques, comme un tableau ou une sculpture, peuvent aujourd’hui avoir un jumeau numérique dont l’authenticité est garantie par un NFT dit « physique », contenant toutes les informations relatives à l’œuvre (numérisation HD, historique, spécificités techniques, etc.). Comme pour un NFT associé à une œuvre exclusivement digitale, ce certificat est sécurisé et rendu infalsifiable par la blockchain. Mais à l’inverse des jetons non fongibles associés à une œuvre numérique, ces NFT ne peuvent être assimilés à une œuvre d’art.

    D’aucuns y voient dans les NFT un nouveau moyen de spéculer, quand pour d’autres il s’agit d’une occasion de posséder un bien unique et de participer à la création artistique.


    Pour ouvrir un peu plus le débat, nous pourrions également nous demander si le code Web, plus particulièrement son écriture, constitue une forme d’art à lui seul, au même titre que la littérature. Chaque développeur a sa propre façon d’aborder, de composer, d’interpréter le code. C’est ce qui en fait le charme et le rend si riche. Alors oui, le code est peut-être bien un art numérique… Vous avez 4 heures (bac de philo oblige) !

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