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Métiers

Devenir développeur : un métier, une pluralité de parcours

Quels sont les parcours possibles pour devenir développeur ? Cursus post-bac ou reconversion, il n'existe pas de voie toute tracée.

Aline Cordier Simonneau 4 min de lecture
Illustration : Devenir développeur : un métier, une pluralité de parcours
Cursus post-bac ou reconversion, de multiples parcours sont possibles pour devenir développeur.
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    Les carrières professionnelles ne sont plus linéaires, et les parcours de formation ne le sont plus non plus. Les métiers du Web, et celui de développeur en particulier, ne font pas exception. Les voies pour devenir développeur sont nombreuses : formation post-bac, reconversion, formation en ligne, apprentissage de manière autonome, etc. Quelles sont les spécificités, mais aussi les points communs, de ces différents parcours ? Traçons quelques pistes, témoignages à l’appui.

    En quoi consiste le métier de développeur ?

    Un développeur intervient dans la création de sites Web, d’applications mobiles, de logiciels, etc. Il doit traduire les besoins fonctionnels exprimés dans le cahier des charges du projet au moyen de code informatique. Le développeur peut avoir recours à différents langages (JavaScript, HTML, Java, PHP, Ruby, Python, etc.).

    Oui, le développeur écrit du code, mais il ne s’y limite pas. Avant de coder, il doit bien décrypter les besoins exprimés au sein du cahier des charges, puis préparer son environnement de développement avant de pouvoir passer concrètement au travail de codage. D’autres compétences sont également nécessaires : autonomie, appétence pour la résolution de problèmes, gestion de projet, etc. Enfin, un développeur qui souhaiterait par exemple exercer en indépendant doit également avoir un certain sens de la relation commerciale et des capacités à communiquer.

    Forces et faiblesses des cursus post-bac

    Une fois arrivé dans l’enseignement supérieur, plusieurs options sont possibles pour envisager une carrière de développeur : DUT/BUT (bachelor universitaire de technologie), BTS, licence, master en école d’ingénieur ou d’informatique, diplôme privé ou public… pas facile de s’y retrouver parmi toutes les formations disponibles dans le numérique quand on souhaite devenir développeur.

    Pour Alexandre Soyer, développeur Web freelance, « cela reste très compliqué de trouver des formations post-bac adaptées pour devenir développeur, car celles-ci sont très généralistes. Après un bac pro, j’ai suivi un BTS SIE (Service Informatique aux Entreprises), puis un bachelor webdesign (l’équivalent d’une Licence), et enfin un master en informatique dans une école privée. Aucune de mes formations n’était spécialisée en développement. J’ai finalement assez peu étudié le développement durant les cours, mais j’ai pu faire mes 5 années d’études en alternance, ce qui était très important pour moi. J’ai beaucoup plus appris seul que durant mes études ».

    Quelles sont les exigences du côté des entreprises ? « Les entreprises restent sensibles aux candidats qui présentent un niveau bac+5. Je conseille donc à tous les aspirants développeurs de continuer leurs études le plus loin possible. En entretien, le plus important est de pouvoir prouver que l’on est capable de faire du code qualitatif, de partager ses projets… Il faut bien sûr savoir coder, mais aussi apprendre à se vendre pour accéder à des projets intéressants et des postes à responsabilités », poursuit Alexandre.

    Devenir développeur dans le cadre d’une reconversion

    Les « métiers de la tech » traversent actuellement une pénurie. Les reconversions dans le domaine du Web sont tout à fait possibles aujourd’hui et la demande est forte pour les profils de développeurs, mais par quoi commencer ?

    Pour Fathi Bendjebbour, actuellement en reconversion pour devenir développeur Web, il y a deux premières questions : « Il faut choisir le langage avec lequel on veut travailler, et faire le tri parmi les différents organismes de formation. Je veux travailler ensuite sur des projets Web, j’ai donc choisi JavaScript. Cela me permettra de faire à la fois la partie back-end et la partie front-end. »

    Comment s’y retrouver parmi toutes les formations proposées ? Pour Fathi, « la plupart des formations indiquent qu’il n’y a aucuns prérequis pour démarrer, mais dans les faits, il faut déjà un minimum de bagage technique pour pouvoir tenir le rythme. Pour ma part, j’ai choisi de faire ma formation avec OpenClassrooms, car chaque module se termine par un projet. Il s’agit d’une formation payante financée dans le cadre de ma reconversion professionnelle. La formation s’étale sur 6 mois à temps plein. Elle est composée de plusieurs modules, avec des projets à réaliser, un suivi hebdomadaire avec un mentor, et un diplôme à la clé ».

    Si les MOOC sont faciles d’accès et permettent d’apprendre à son rythme, ils ne conviennent pas pour autant à tous les profils. La qualité première ? Être autonome et curieux. « Les contenus des cours ne sont pas suffisants pour pouvoir mener à bien les projets. Il est donc obligatoire de compléter les contenus avec d’autres ressources. Il faut par exemple aller suivre d’autres modules sur d’autres plateformes. Avec ce genre de formation en ligne, il faut être très autonome et proactif pour réussir. J’ai un point hebdomadaire avec un mentor pour suivre l’avancement de mon travail. Ce mentor n’est pas un formateur, mais un professionnel du secteur. Nous avons également une plateforme d’échange et d’entraide avec les autres participants. Pour résoudre nos problèmes techniques bloquants, on utilise Stack Overflow », poursuit Fathi.

    Comme l’explique Fathi, le lien avec le monde professionnel est également essentiel : « L’intérêt de la formation que je suis est de proposer une mise en situation professionnelle réelle. On se retrouve soit dans la situation de prestataire, soit dans celle d’un développeur salarié, avec un brief à respecter et des questions techniques qui sont posées. Les projets que nous menons (avec soutenance) sont évalués par d’autres mentors. »

    Un apprentissage permanent

    « On n’a jamais fini d’apprendre » : l’adage est particulièrement vrai pour le métier de développeur, tant les technologies et les outils utilisés évoluent rapidement. Bien que stimulante, cette culture de l’apprentissage permanent a aussi ses revers.

    D’après Alexandre Soyer, « les développeurs gèrent aujourd’hui une charge mentale importante dans le cadre de leurs projets, avec, en plus, des compétences à actualiser en permanence. Les entreprises sont en train de le comprendre et commencent à prendre le temps de former leurs équipes de développeurs ».


    Il n’existe donc pas vraiment de « voie royale » pour devenir développeur. Cela nécessite plutôt un ensemble de qualités à cultiver (soif d’apprendre, patience, persévérance, esprit logique, débrouillardise…) et demande une capacité à renouveler en permanence ses compétences. Comme tout professionnel, le développeur doit savoir valoriser sa formation, présenter ses projets et se démarquer pour rendre son profil attractif et faire mouche auprès des recruteurs ou des clients.

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