De quoi le darknet est-il le nom ?
Plongez au cœur du darknet : espace de liberté ou lieu de tous les trafics ?
Aline Cordier Simonneau 2 min de lecture 
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Trafic de drogue, revente de données volées, pédopornographie… le darknet alimente bien des fantasmes. Est-il si « noir » qu’on le décrit ? Comment y accéder et qu’y trouve-t-on ? Levons une part d’ombre de cet espace.
Le darknet, qu’est-ce que c’est ?
Avant d’en venir au darknet, commençons par définir ce qu’est le « deepweb » ou « Web profond ». Cette expression fait référence à la partie immergée du Web, c’est-à-dire les contenus présents sur Internet, mais qui ne sont pas référencés par les moteurs de recherche accessibles du grand public (Google, Yahoo ou Bing, par exemple). On trouve sur le deepweb des sites Internet, des forums de discussion privés, des bases de données, etc., qui n’ont pas été indexés. Le darknet fait partie du deepweb. Les données présentes sur le darknet ne sont pas non plus référencées sur les moteurs de recherches classiques.
Comment aller sur le darknet ?
Il faut utiliser un logiciel spécifique. Il en existe plusieurs, TOR (« The Onion Router » ou « Routage en oignon » étant le plus connu. Avec lui, l’utilisateur utilise une connexion chiffrée pour accéder au darknet. L’adresse IP de l’utilisateur change en permanence et de manière aléatoire. Les données chiffrées transitent par différents nœuds. L’utilisation de TOR garantit donc une certaine forme d’anonymat, sans être toutefois infaillible.
Et ensuite ? Naviguer dans le darknet n’est pas si simple, car ses sites Internet ne sont pas référencés. Les sites accessibles via TOR ont une extension en « .onion », mais leur URL change régulièrement et nombre d’entre eux ne sont plus en activité sur le darknet. L’utilisateur doit donc au préalable connaître l’URL du site Internet qu’il souhaite consulter, ou alors prendre le temps de chercher les sites encore actifs en utilisant des annuaires, des forums ou des moteurs de recherche dédiés, par exemple.
Que trouve-t-on sur le darknet ?
Les communications sur le darknet étant anonymes, il permet à des opposants politiques et même à de simples citoyens de consulter certains contenus (sites Internet, chaînes de télévision, réseaux sociaux, etc.) censurés dans leur pays. Les journalistes d’investigation peuvent y échanger des informations relatives à leurs enquêtes. C’est également le cas des lanceurs d’alerte, qui partagent ainsi des données avec les journalistes de manière confidentielle. Le darknet est pensé par certains comme un espace libertaire prônant le partage des connaissances, facilitant la liberté d’expression et d’information.
Qu’en est-il du côté obscur ? Trafic de drogue et d’armes, pédopornographie, faux papiers, films illégaux, vente de médicaments, kits de piratage… la liste est longue. Le darknet est d’ailleurs de plus en plus dans le viseur des services de police et de renseignement.
Le darknet contient-il vraiment des données volées à des entreprises ?
Oui. Votre entreprise a été victime d’une fuite de données suite à une cyberattaque ? Il y a fort à parier que vos données circulent sur le darknet : identifiants de connexions, données bancaires… ce genre de données s’y revend à prix d’or.
Le darknet est finalement un espace ambivalent, lieu de partage et de liberté d’expression autant que de trafics en tous genres.


