Nudges : l'intérêt des coups de pouce dans le domaine de la formation
Connaissez-vous les nudges et leur application possible dans le domaine de la formation ?
Aline Cordier Simonneau 3 min de lecture 
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Personne n’aime agir sous la contrainte. En revanche, changer progressivement les pratiques est bien plus efficace. C’est pourquoi nous avons parfois besoin de petits coups de pouce (les fameux « nudges ») pour changer nos comportements et les rendre plus vertueux : prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, trier ses déchets, etc.
Et si les nudges permettaient également de nous donner envie d’apprendre, de rendre la formation plus efficace ? Voyons comment.
Qu’est-ce que la théorie des nudges ?
La théorie des nudges est apparue dans le cadre des travaux des sciences comportementales. Elle peut être définie comme une « théorie du comportement ». L’utilisation de nudges s’appuie sur les biais cognitifs des individus (leurs erreurs de jugement, de perception, de raisonnement), car il est bien connu que ces biais influencent la prise de décision. Les nudges modifient l’environnement de prise de décision des individus pour les inciter à faire des choix jugés meilleurs.
Dit autrement, les nudges favorisent les petites actions pour inciter les individus à changer de comportement, plutôt que les contraintes, les obligations et les sanctions. Pour fonctionner, les nudges doivent être simples et peu coûteux, mais laisser une liberté de choix.
Voici quelques exemples de nudges :
- Des marches d’escalier décorées pour inciter à les monter à pied plutôt qu’à utiliser l’escalator,
- Des passages piétons peints en 3D pour inciter les automobilistes à ralentir,
- L’apposition d’un « Nutri-Score » sur les emballages des aliments.
Les nudges sont beaucoup utilisés en marketing et en communication, mais leur usage peut très bien s’étendre à d’autres domaines tels que celui de la formation.
L’intérêt des nudges dans le domaine de la formation
Utiliser des nudges dans le domaine de la formation ? L’idée n’a rien d’extravagant, puisque l’un des objectifs de la formation est bien de faire changer des comportements et des pratiques professionnelles pour les améliorer. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les nudges soient employés pour jouer sur la motivation et enrichir l’expérience d’apprentissage. Voyons quels biais cognitifs peuvent être utilisés et à quelles fins.
Le biais de familiarité pour susciter la motivation
Certaines personnes souhaitent se former, mais mettent des mois avant de choisir une formation et de s’y inscrire. Le biais de familiarité avance l’idée selon laquelle les individus ont tendance à s’identifier au témoignage d’autres personnes pour passer à l’action.
Dans le domaine de la formation, partager une citation d’anciens participants aura plus d’effet qu’un mot signé par le formateur pour inciter les personnes hésitantes à s’inscrire.
L’aversion à la perte pour lutter contre la résistance au changement
Les formateurs se heurtent parfois à la résistance au changement chez certains apprenants. Comment la dépasser ? Le biais cognitif de l’aversion à la perte (lorsque les individus sont face à une perte et à un gain de même importance, ils privilégient la perte) peut être utile.
Concrètement, il s’agit de présenter aux apprenants ce qu’ils risquent de perdre (des opportunités professionnelles, par exemple) s’ils n’acceptent pas de faire évoluer leurs habitudes et d’appliquer les connaissances apprises en formation.
Le biais d’association pour favoriser la transposition des connaissances
Ce biais consiste à étendre les caractéristiques (qualités, défauts) d’une situation à d’autres situations identiques ou, au moins, proches. Ce petit coup de pouce va permettre aux participants à une formation de mettre en application leurs nouvelles connaissances en dehors de la formation, de les transposer dans des situations proches.
Le formateur peut par exemple inciter les participants à faire le lien entre les points abordés en formation et des cas de figure concrets.
S’ils sont de plus en plus populaires, les nudges n’ont rien d’une solution miracle et ne permettent pas d’aller à l’encontre des choix profonds des individus (et heureusement). En revanche, ils peuvent aider et favoriser le passage à l’action chez des personnes décidées, mais encore hésitantes. C’est exactement pareil dans le domaine de la formation.


